Les préparatifs

Plus que quelques jours avant le grand départ...

Les sacs à dos sont sortis de leur placard, les lunettes de soleil et crèmes solaires revoient la lumière du jour, les médicaments divers traînent sur la table en attendant d'être soigneusement empaquetés...

On s'en va dans la jungle !

La vraie jungle, celle où il y a des singes, des toucans, des iguanes et des paresseux, et puis des grenouilles multicolores, des tarentules et des serpents...

On s'en va aussi voir les plages noires du Pacifique et leurs énormes vagues, et puis les volcans rougeoyants dominant la verdure...

On s'en va au Costa Rica !!!

Pour le moment, comme d'habitude, nous n'avons pas prévu grand chose en dehors de notre itinéraire et d'une bonne moustiquaire. Nous savons à peu près ce que nous voulons voir, et nous avons loué un 4x4 pour pouvoir nous déplacer à notre guise, voir défiler les routes approximatives et les pistes en terre rouge, franchir des rivières à gué, s'arrêter n'importe quand en bord de route observer un paresseux qui traverse ou donner des bananes aux coatis. Bref, pour être libres et tranquilles...

Ne reste plus qu'à finir les sacs, vérifier les vols... et anticiper qu'il va falloir se lever très très tôt pour prendre notre premier avion !

Départ le 28 mars !


Itinéraire prévu

Le Costa Rica a beau être un tout petit pays, il y a des milliers de choses à voir et, selon nos renseignements, des routes absolument abominables pour se rendre d'un point à un autre.

Nous avons renoncé à la côte des Caraïbes et ses tortues qui viennent pondre sur les plages, aux geysers de boue du volcan Rincon de la Vieja et à la grimpette le long du mont Chirripo, et nous nous sommes concentrés sur la côte Pacifique.

Nous irons donc voir, dans le nord-est:
- L'incontournable volcan Arenal, toujours en activité
- Les sources chaudes et les chutes de La Fortuna
- Les parcs de Monteverde et Santa Elena : les plus purs exemples de forêt dans les nuages (préparez les ponchos et les bottes en caoutchouc, ça va être brumeux et mouillé !)
- La péninsule de Nicoya et ses fabuleuses plages sauvages

Après quoi nous descendrons vers le sud :
- Un détour par le volcan Poas, un autre incontournable du Costa Rica (éteint, celui-ci)
- La plage de Dominical
- La péninsule d'Osa... et le clou de notre voyage : le parc de Corcovado, où nous voulons passer 3 jours de trek avant de remonter vite fait jusqu'à notre avion de retour.



Notre itinéraire prévu :
arrivée à Alajuela,
une boucle vers le nord-ouest,
puis une descente dans le sud
avant de revenir...

Note : en réalité, c'était notre itinéraire prévu AVANT le départ,
car pendant le voyage il a pas mal changé !


Toutefois, le plus difficile est d'estimer le temps de transport entre chaque destination, car entre les nids de poules, les gués à franchir et les détours entre les montagnes, on s'attend à souvent rouler à 40 km/heure. Et comme nous n'avons pas non plus l'intention de passer toutes nos journées en voiture, il est donc fort possible que nos escales changent au fur et à mesure, au cas où l'on serait retardés ou qu'au contraire on avance plus vite que prévu...

28 mars - La nuit du départ

3h00 du matin... Bon sang, on s'est vraiment levés à 3h00 du matin ! Alors que quelques heures à peine avant ça j'étais encore au travail, comme à l'ordinaire...

La nuit fut donc passablement courte, ayant assez peu et mal dormi à cause de l'excitation du départ. Notre avion décollant à 6h15, nous étions à l'aéroport vers 4h00 du matin, encore mal réveillés. Quelques heures de vol pour arriver à Miami, où je perds un certain temps au poste de douanes avant de pouvoir enfin aller grignoter un morceau en attendant notre deuxième vol pour San José.

Nous atterrissons à l'aéroport de San José vers 14h30, heure locale (il y a 2 heures de décalage horaire, il est 16h30 à Montréal au même moment). L'aéroport est tout petit, les formalités administratives sont donc vite expédiées. Nous sommes attendus à la sortie par Max, qui travaille pour la compagnie de location de voiture où nous attend notre fidèle ami des 2 prochaines semaines : notre 4x4. Max nous emmène dans les bureaux de la compagnie, nous remplissons les papiers, et vers 15h20 nous sommes déjà sur les routes costa-ricaines, au volant de notre toute nouvelle voiture.

Direction : La Fortuna ! Nous avons la fatigue du voyage dans le corps, mais nous décidons d'endurer encore un peu et de faire un maximum de route pour nous rendre là-bas si possible avant la nuit. Nous avons devant nous environ 3h de route, nous pouvons donc commencer à nous détendre et à apprivoiser le 4x4, la conduite des costa-ricains, le paysage et la musique pop entendue à la radio. Accompagnés par un animateur radio visiblement un peu surexcité, nous faisons connaissance avec les montagnes costa-ricaines. La route est bonne, mais ça tourne, et ça grimpe, et ça tourne, et ça redescend, et ça regrimpe...

Finalement, nous arrivons à La Fortuna vers 18h30, à la nuit tombée. Épuisés, nous ne perdons pas trop de temps à chercher un hôtel et nous nous rabattons sur le plus pratique : stationnement, resto, air conditionné. Hop ! C'est fait ! Pour notre premier soir, nous irons donc souper chinois, dans la salle à peu près vide de l'hôtel.

L'Arenal, le célèbre volcan, est juste en face, nous le devinons dans la nuit. Nous pouvons même le voir un peu rougeoyer.

Et à 20h00, nous tombons comme des mouches !

29 mars - La Fortuna

Voici donc notre première véritable journée au Costa Rica. Un superbe soleil nous accueille en sortant de la chambre, juste de quoi mettre en valeur l'Arenal.

Ce volcan est effectivement très beau : extrêmement régulier, il présente un cône quasiment parfait. Il est toujours en activité et nous comptons bien aller ce soir même sur l'autre versant pour y admirer des coulées de lave... comme tous les touristes qui viennent ici. En attendant, nous le voyons fumer tranquillement.

L'Arenal au petit matin, vu depuis notre hôtel chinois


Mais rien ne commence avant un bon petit déjeuner. Nous trouvons donc un agréable restaurant où nous bavardons avec notre jeune serveur, José, et goûtons pour la première fois au délicieux café costa-ricains ("con leche"). Nous en profitons pour organiser notre journée, et sortons nos cartes et guides. Nous arrêtons notre choix sur l'Écocentre Danaus et sur la célèbre chute d'eau de La Fortuna. Le temps de faire quelques courses pour avoir de quoi grignoter le midi, et nous voici partis.

L'Écocentre Danaus, du nom de la variété de papillon dont il a fait sa mascotte, ressemble à un agréable jardin exotique où nous découvrons la jungle d'un peu plus près, avec ses fleurs exubérantes, ses oiseaux, ses caïmans (tout petits, ceux-là, je vous rassure !) et ses centaines de papillons ! Dans un jardin fermé par des moustiquaires, nous admirons de superbes papillons, dont le célèbre Morpho avec ses ailes bleu électrique, et le Danaus qui donne son nom à l'écocentre.

Un superbe Morpho : bleu électrique les ailes ouvertes
et brun les ailes fermées, pour se faire discret une fois posé sur une branche...


Nous aurons aussi l'occasion de voir des grenouilles toxiques, les "Blue Jeans Frogs", qui se trouvent en réalité être si minuscules que nous les avons cherchées un bon moment ! Pas plus de 2 cm de long !

Une toooooooute petite Blue Jeans Frog... Ne pas se fier à ses jolies couleurs, elle est très toxique !


Après une bonne heure de visite, nous partons pour la chute de la Fortuna. Nous la chercherons un certain temps, car la route habituelle est condamnée pour travaux et que nous devrons trouver le détour pour nous rendre. C'est finalement chose faite et après une petite marche dans la jungle, nous débouchons enfin sur la catarata !

La fabuleuse chute de La Fortuna : 70 mètres de dégringolade !

(si si, puisqu'on vous le dit ! Bon, c'est sûr, ça se voit pas trop sur cette photo...)


L'endroit idéal pour passer un moment et pique-niquer : la chute est superbe, la fraîcheur bienvenue, et il y a même un bassin dans lequel il est possible de se baigner tant que l'on ne s'approche pas trop des remous de la chute elle-même (des gardes sont là pour surveiller). Nous passerons près de 2 heures à relaxer sur les pierres, avant de nous faire brusquement envahir par une bande d'ados bruyants, malpolis, qui ne se sont absolument pas gênés pour s'installer sur nos affaires et nous pousser de là... Nous les fuyons donc comme la peste et finissons par remonter le sentier et retourner à la voiture.

Wouuuuuuh... Ça fait du vent dans les cheveux ! ;)

Tout frais débarqués, et pas encore trop bronzés !


L'après-midi s'étire et nous voulons être sur l'autre versant du volcan ce soir pour voir la lave, donc nous reprenons la route pour nous rendre au village d'El Castillo, situé de l'autre côté.

S'il y a "les routes les plus abominables du Costa Rica", celle que nous empruntons pour nous rendre est certainement assez bien placée sur la liste ! Avec ses nids de poules profonds et espacés de 20 à 30 cm en moyenne, ça ne laisse pas beaucoup de route pour rouler dessus : alors c'est en sautant et cahotant sur le sentier que nous parcouru 10 ou 15 pénibles kilomètres pour nous rendre jusqu'au village...

Un petit habitant de la jungle est venu voir si nous n'aurions pas quelques bananes pour lui... C'est un coati, avec son petit museau pointu, un cousin des ratons-laveurs (et je suis bien contente car je voulais absolument en voir à Iguazu, en Argentine, mais je n'avais pas eu de chance ce jour-là...)


El Castillo se résume à quelques bicoques perdues dans la montagne, mais nous y trouvons quand même un petit zoo de serpents qui semble bien intéressant. En tout cas si on n'a pas trop peur des serpents... Franck n'est pas très rassuré mais il fait son courageux, et nous commençons la visite avec un jeune guide qui nous apprendra des tas de choses passionantes, en nous montrant les nombreux spécimens costa-ricains qui vivent dans les cages. Bon, mises à part les cages grandes ouvertes des serpents non venimeux et celle qui s'est brusquement ouverte par accident et qui a fait faire à Franck un bond de 3mètres en arrière, la visite a été bien agréable (en tout cas pour moi ! ;p) ! Mais la nuit tombe et nous devons filer jusqu'à l'observatoire d'où nous espérons admirer quelques coulées de lave.

Nous allons espérer pendant presque 2 heures... Car le ciel est complètement couvert, une fine pluie s'est mise à tomber, et à part l'inlassable spectacle des lucioles qui essayent de faire passer les arbres pour des sapins de Noël, nous ne verrons rien du tout. Avec la pluie qui s'intensifie, nous repartons, pas mal déçus, et nous nous contenterons d'une glace grignotée sur la place centrale de la ville de La Fortuna.

30 mars - Santa Elena

C'est notre deuxième jour, mais nous avons déjà perdu la notion du temps... Nous quittons notre hôtel chinois de La Fortuna tôt le matin, pour prendre la route qui contourne la laguna Arenal afin de nous rendre à Santa Elena. En chemin, nous nous arrêtons pour déjeuner dans une ravissante petite place nommée "Toad Hall", réputée pour son brownie au chocolat et aux noix de macadamia. Un petit resto avec terrasse donnant sur les montagnes, un jardin en escalier rempli d'arbres fruitiers et de fleurs, et habité les oiseaux et les minuscules colibris. Après quelques gauffres et assiettes de fruits, nous faisons un petit tour dans la boutique de souvenirs d'à côté, puis reprenons la route.

Petite pause dans le jardin en pente de Toad Hall


L'Arenal, pris sur la route


Et elle est magnifique, cette route. Nous tournons tout autour de la laguna Arenal, un immense lac artificiel qui s'étend au nord du volcan. Jusqu'à la ville de Tilaran, nous franchissons des kilomètres proprement goudronnés, mais après ça, ça se complique. De Tilaran jusqu'à Santa Elena, la seule "route" est une piste de terre et de cailloux, que l'on nous a dit être absolument affreuse. Bon, n'éxagérons pas, ce n'est pas si affreux non plus, simplement on ne conduit pas bien vite, par la force des choses... Nous arriverons tout de même à Santa Elena vers 12h30, pour poser nos sacs chez Tina's Casitas où Evan, le sympathique jeune hôtellier, nous organise 2 sorties pour la journée : un canopy tour et une randonnée de nuit dans la jungle. Vite, vite, vite ! Le temps d'avaler un repas sommaire (en fait composé d'une boîte de thon, d'une banane et de quelques amandes...) et de se changer, et nous voilà déjà prêts pour le canopy tour ! Une voiture vient nous chercher pour nous conduire sur place, au nord du village.

Un canopy tour, c'est très simple : ce sont des installations de câbles dans la canopée des arbres ou par dessus une vallée, et sur lesquels on glisse en tyrolienne. On s'accroche bien, et c'est parti ! Celui que nous avons fait disposait d'environ 14 câbles, allant d'une longueur de 30 mètres à... 750 mètres !!! Les paysages sont superbes, et même si on glisse pas mal vite sur les câbles, on a le temps de bien en profiter ! C'est aussi l'occasion de grimper sur des plateformes installées très haut dans les arbres, et d'y voir des singes hurleurs tranquillement occupés à manger. Pour changer des tyroliennes, une des plateformes offre aussi une descente en rappel sur plus de 30 mètres de hauteur (hé oui, vous n'avez pas idée à quel points les arbres sont immenses, au Costa Rica !). Quant à l'autre, c'est le clou de l'activité : un saut de tarzan ! Debout sur une très haute plateforme, nous sommes fixés à un câble (lui-même accroché à une branche d'arbre extrêmement haute et loin !) puis carrément poussés dans le vide. Après une chute d'environ une dizaine de mètre, le câble se tend enfin et c'est parti pour un magnifique arc-de-cercle dans les airs ! Adrénaline et hurlements des filles garantis ! Après nous avoir laissés nous balancer un moment pour perdre de la vitesse, les accompagnateurs nous rattrapent enfin pour nous détacher et nous faire rejoindre le sol... Et pour achever tout ça, nous terminons avec la tyrolienne de 750 mètres qui nous fait survoler la vallée à une centaine de mètres de hauteur. Impressionnant et superbe ! Bonjour, les vaches en dessous !

Vous voyez le gars en bleu accroché à son câble ? Il n'en est qu'au début : l'arrivée se situe quelque part dans les arbres, de l'autre côté de la vallée !


Une fois l'activité terminée, c'est l'heure du cafouillage : nous devions redescendre à notre petit hôtel juste à temps pour embrayer sur la deuxième activité, notre balade de nuit. Mais une des filles qui était avec nous dans la voiture a eu un problème sur une des tyroliennes (qui devait être longue d'environ 300 mètres, je crois) : ayant eu peur d'arriver trop vite, elle a complètement freiné son élan et s'est arrêtée au milieu du câble au lieu de continuer à glisser jusqu'à l'arrivée. Et son père, qui passait après elle, venait de se lancer sur le câble et n'a pas su comment freiner à temps pour éviter la collision. Il y a donc eu collision, il lui a planté ses pieds en plein dans le dos. Ouch ! Elle allait bien quand nous avons terminé l'activité, mais par sécurité les accompagnateurs l'ont envoyée à l'hôpital pour des examens. Voilà pourquoi notre voiture, partie à l'hôpital, ne pouvait pas nous ramener tout de suite.

Finalement, après 1h d'attente, nous sommes enfin redescendus vers le village, persuadés que nous arriverions bien trop tard pour notre 2ème activité de la journée et qu'il allait falloir l'annuler et la repousser. Mais en cours de route, un autre chauffeur, celui qui était censés passer nous chercher pour la balade de nuit, nous a interceptés pour nous ammener au bon endroit, juste à temps. Nous avons juste un peu retardés nos autres compagnons, qui attendaient sagement pour commencer la balade.

Nous voici donc partis dans la jungle, à la tombée de la nuit (il n'est que 17h30 mais la nuit est déjà là), en compagnie de notre charmant guide Esteban. Il nous emmène sur les chemins, à la recherche d'animaux nocturnes, nous expliquant des tas de choses sur le mode de vie des habitants de la jungle. Nous découvrons des lucioles et d'autres petits insectes lumineux qui donnent de petites décharges électriques quand on les embête, apercevons quelques agoutis, un kincajou en haut d'un arbre, allons faire sortir une grosse tarentule de son trou, observons les célèbres figuiers étrangleurs qui étouffent l'arbre par dessus lequel ils se développent, et croisons le chemin d'un tatou et d'une femelle oppossum avec un gros ventre rempli de futurs petits bébés.

Finalement, après environ 2h30 de balade à la lueur des lampes torches, nous rentrons enfin à notre petit hôtel. Nous allons souper juste à côté, au Soda de la Amistad, tout petit resto tenu par une "mama" costa-ricaine, où nous goûtons notre tout premier plat de comida tipica (cuisine traditionnelle) : le casado, composé de riz, de fèves noires, d'une viande, de salade ou légumes, et de bananes plantains). Une petite balade dans la ville (que nous verrons peu puisque nous comptons déjà repartir le lendemain) et nous rentrons dormir.

Mardi 31 mars - Départ de Santa Elena pour Las Canas

Après un super déjeuner dans la plus agréable place du coin, le Tree House Café, un agréable resto dont la terrasse se fraye une place entre les branches d'un majestueux figuier, nous partons pour le parc de Santa Elena.

Le "cafe con leche", la boisson nationale...


Une terrasse construite autour d'un magnifique figuier...
Il faut se courber sous les branches pour atteindre notre table


Dans les environs, la plupart des touristes se rendent au parc de Monteverde, extrêmement réputé. Mais comme nous essayons toujours d'aller à contre courant de ce que font la-plupart-des-touristes, nous avons privilégié le parc de Santa Elena, moins achalandé et moins aménagé (autrement dit, des sentiers naturels plutôt que des allées de graviers bien droites), bref, que du bonheur pour nous.

La majesté de la jungle costa-ricaine


Effectivement, ce parc est superbe, très imposant par la taille des arbres (certains font facilement une trentaine de mètres de hauteur !) et la petitesse de ses visiteurs... Nous ne verrons pas d'animaux, sauf quelques oiseaux, mais le temps magnfique et l'agréable fraîcheur sous les arbres rendent la balade très agréable. Après 4 bonnes heures de randonée, nous rentrons finalement à l'hôtel pour boucler nos affaires.

Promenons-nous dans les bois...


... et le nez en l'air pour ne rien rater du paysage



Dans la jungle, tout pousse n'importe comment, pourvu qu'on trouve de l'eau et de la lumière !


À cet endroit, la jungle est aussi appelée "forêt de nuages" (rainforest) : le ciel s'est en effet couvert en quelques minutes à notre sortie du parc


Hé oui, il est 13h, l'heure déjà de quitter ce petit bout de pays. Nous mangeons dans la cuisine commune, en bavardant avec Evan, puis nous lui disons au revoir et prenons la route.

Pour changer de la route que nous avions prise à l'aller, nous avions cette fois décidé de prendre par le sud afin de rejoindre le plus vite possible la route principale, la Transamericana qui coupe le pays du nord au sud. Mais pour se rendre jusque là, il nous a fallu faire 25km sur une route de roches assez abominable, ce qui nous a pris presque 1h30 (hé oui, à 10 ou 20 km/heure, c'est long...).

Notre meilleur pote : notre 4x4 !


Un aperçu de la "route"... Là dessus, impossible de faire plus de 20 km/h !


Pour se faire pardonner, le pays nous offre ses plus beaux paysages et nous en profitons bien...

Quand le nord-est du Costa Rica n'est pas montagneux, il est vallonné


Après avoir ENFIN rejoint la ville de Las Juntas, nous retrouvons des routes goudronnées et le paysage se met soudain à défiler pas mal plus vite (on en aurait presque perdu l'habitude !). Nous prenons la direction de Las Canas, où se trouve un refuge d'animaux que nous voulons absolument voir. La ville, par contre, n'a absolument aucun intérêt... Mais bon, puisqu'il faut dormir quelque part, on va bien se trouver quelque chose, après tout..

Un hôtel recommandé par notre guide mais inexistant dans la réalité, un autre ennuyeux à mourir, un autre enfin planqué derrière une décharge de voitures... Finalement, nous nous essayons un peu plus loin, espérant tomber au hasard sur une annonce d'hébergement en bord de route.

"Hacienda El Pacifico" ? Ah tiens, ça a l'air bien, allons jeter un oeil...

En entrant dans le somptueux parc, on s'est tout de suite rendu compte que c'était un hôtel de luxe qui serait hors de portée de notre budget. Mais tant qu'à être sur place, autant s'essayer, non ? Alors on s'essaye...

Euh... Combien, vous avez dit ? 60 $ la nuit ? Pour un hôtel de luxe avec parc magnifique, grande piscine, chambre dans un petit bungalow individuel, salle de bain ravissante et tout et tout et tout ? Et l'iguane qui nous fait les gros yeux, planqué dans son tronc d'arbre, ça vient avec aussi ? Ok, alors on prend !

Petite maisonnette de 3 chambres


Et voilà comment, par le hasard le plus total, nous nous sommes retrouvés dans un hôtel luxueux, complètement désert, perdu dans un coin du Costa Rica... À 5h00 du soir, après s'être tapé les fesses sur les roches de la route et avoir avalé des kilos de poussière, nous voilà en train de nous prélasser dans la piscine déserte d'un hôtel qui l'est encore plus, entouré par des centaines d'oiseaux et des arbres majestueux... Les Ticos appellent ça "la pura vida", les français "la belle vie", et les québécois... "la grosse vie sale !" Niark !

Aaah... cette piscine... Le plus fabuleux, c'était les dizaines d'oiseaux qui n'en pouvaient plus de chanter tout autour !


Le soir, nous allons souper au restaurant de l'hôtel sous une pluie diluvienne ! Très romantique la salle de resto à aire ouverte donnant sur un petit patio et un bassin de carpes, avec les feuilles des plantes exotiques lustrées par la pluie et les geckos qui se courent après sur les murs... Sans parler du pain frais fait maison ! Bref, un bon repas et un bon dodo par dessus tout ça !

Le plus drôle, c'est que le refuge pour animaux que nous sommes venus voir se trouve juste derrière les murs du parc : de notre chambre, on les entendait rugir...

Mercredi 1er avril - Refuge Las Pumas et arrivée à Samara

Au Costa Rica, le jour se lève très très tôt. À 4h00, il fait déjà très clair, à 5h00 le soleil apparaît, et à 7h00 il fait déjà 28 degrés...

Levés à ce que nous considérions comme "l'aube", pour voir les animaux, nous avions donc déjà au moins 1 heure de retard et nous n'avons pas vu grand chose à part des oiseaux et seulement profité d'une petite balade dans le parc de l'hôtel. Quelques feulements nous indiquent que de l'autre côté du mur, ça s'agite aussi dans les cages... Mais allons donc piquer une tête dans la piscine pour le moment !


Notre chambre, aux petites heures du matin...


Après un délicieux déjeuner au resto de l'hôtel (Aaaaah... ce pain maison, je ne m'en remettrai pas ! Un régal dont j'ai à peine partagé quelque miettes avec les carpes !). Nous partons ensuite pour le refuge Las Pumas (et comme nous ne sommes pas des sauvages, nous ne passons pas par dessus le mur mais nous partons en voiture car nous avons un détour de plusieurs kilomètres à faire pour nous rendre de l'autre côté.

Las Pumas est un refuge crée par une suisse, Lilly Hagnauer, installée au Costa Rica dans les années 60 (et décédée depuis). Elle y a recueilli un grand nombre de félins, allant du grand jaguar au tout petit marguay, en passant par l'ocelot, le puma ou encore le jaguarundi. Elle a aussi recueilli plusieurs perroquets de toutes sortes (des aras rouges ou des perroquets verts bien bavards), quelques singes ou renards, et une adorable loutre.


Un toucan coloré...



Un puma...



Un jaguar...



Le même jaguar en pleine sieste
(à 10h00 du matin, le soleil chauffe fort et les animaux dorment)...



Un marguay...



... et Frankie la loutre !

Nous y passons 2h00, avec une mention spéciale pour Frankie, qui était super joueuse et nous a bien fait rire, et le perroquet bavard avec qui j'ai fait "la conversation" un petit moment. De retour à l'hôtel, nous bouclons nos bagages et partons vers midi, en direction de Samara, sur la côte Pacifique.

Nous y voilà en 2h30 à peine : ça aide, d'avoir de vraies routes ! Bon, rêvez pas non plus : la Transamerica est la plus grosse route du coin, mais ça reste une simple "deux voies" sur laquelle on ne va pas à plus de 80 km/h...

Le sèche-linge artisanal : une corde tressée accrochée à l'arrière du 4x4


Après avoir un peu tourné en ville à la recherche d'un hôtel, nous dénichons finalement l'auberge Kunterbunt, installée en bord de plage, 3km en dehors de la ville. Après avoir grignoté un peu (on mange à n'importe quelle heure, quand on voyage !), nous allons nous baigner pour la première fois dans le Pacifique. Attention, les vagues ! Samara est une plage de surfeurs et ce n'est pas pour rien, le courant et les vagues y sont très forts. Heureusement, une barrière de récifs casse le plus gros des courants...


Premier aperçu du Pacifique



Vous le voyez ? Le gros iguane, qui veut se faire passer pour une racine d'arbre, en bas à gauche... Et des iguanes, c'était en veux-tu en voilà ! Il y en avait partout !


Une bière à la main, nous admirons le coucher de soleil, puis nous partons le long de la plage en direction de la ville pour y trouver un restaurant. Il fait très vite nuit noire, mais nous ne risquons pas de nous perdre, l'air est tiède et ces 3km de balade les pieds dans l'eau deviennent un vrai régal ! Et quand on croise 3 chevaux en liberté, sortis de nulle part, c'est assez magique...

Une fois en ville, par contre, ça se complique : il ne se passe pas grand chose, il n'y a que quelques rares touristes dans les rues et une bonne partie des restos semble fermée... Nous nous rabattons sur la Casa Esmeralda, réputée pour être une des meilleures tables de la ville : si l'endroit est rempli de touristes (ah tiens, il étaient donc là !) et n'a que des murs blancs et absolument aucun charme, ils n'ont par contre pas volé la réputation de leur cuisine ! Le souper est un vrai délice, le poisson dans mon assiette tout simplement énorme et la sauce aux avocats de Franck délicieuse. Bref, on s'en lèche encore les babines !

Le ventre bien plein, nous rentrons de nouveau par la plage, tantôt dans le noir, tantôt à la lumière de nos petites lampes torches, mais avec une eau toujours aussi chaude et sans jamais croiser personne...